Petite semaine relax avec une compilation d’analogies de Charles Milliard.
Sondages en baisse pour le PLQ
Nouveau sondage Synopsis - La Presse cette semaine qui nous dit, en gros, que le PQ ne bouge pas ben ben, mais que le PLQ a perdu quelques plumes contrairement à la CAQ qui en a gagné. Pas assez de plumes pour s’envoler, mais quand même. Le PQ est à 30%, le PLQ à 25% et la CAQ à 21%. On s’enligne pour une lutte à trois.
Il semble que la lune de miel de Charles Milliard avec l’opinion publique n’a pas duré longtemps. J’ai déjà écrit un petit truc sur ma perception de M. Milliard dans une édition réservée aux abonnés payants (à la fin de ce texte). Je ne suis pas tout à fait un fan des libéraux à la base, il faut dire, mais le nouveau chef du PLQ est sympathique à défaut d’être charismatique. Certains animateurs de radio estiment que son statut de pharmacien plaira aux boomers qu’ils méprisent (les animateurs méprisent les boomers, pas Milliard), mais ce n’est pas suffisant. Les 55 ans et plus reviennent vers la CAQ. Je crois que le chef veut offrir une image plus terre à terre de sa personne. Il est même allé à un balado sur la lutte, en Gaspésie.
C’était le congrès des libéraux en fin de semaine, et je dois vous avouer que j’avais la FOMO (la fear of missing out). C’est fou pareil, mais je suis en sevrage. Pas facile de n’avoir plus besoin, du jour au lendemain, de regarder des congrès politiques passionnants un dimanche après-midi ensoleillé. Même chose pour l’histoire des boissons énergisantes. Je n’ai pu que parler de l’argument des dangers des pamplemousses dans mon balado. Ça aurait eu beaucoup de potentiel, à La journée. J’ai quand même retenu cette phrase de M. Milliard.
« Certains se disent dans le camp du non, d'autres sont de fiers souverainistes. Sur une question aussi fondamentale que l'avenir de notre nation, il ne peut pas y avoir de camp du noui. Alors, au Parti libéral du Québec, vous le savez, on est fièrement régionalistes, nationalistes, fédéralistes, pleinement, clairement, sans ambiguïté. »
Ça m’a fait un peu rire, parce qu’en gros, il nous dit: « sur l’indépendance, branchez-vous », tout en ayant pas trop l’air branché sur sa propre identité: à la fois un parti de régions, un parti nationaliste provincial et un parti du Canada. En tout cas. C’est un peu comme avec la clause dérogatoire. Il essaie d’être clair dans le flou.
D’ailleurs, j’ai remarqué que pour essayer d’être plus imagé, M. Milliard avait une petite tendance à nous sortir des analogies. Alors je vous en ai sorti onze.
Onze analogies de Charles Milliard pour mieux comprendre la politique
Il n’y a bien sûr personne pour égaler Mario Dumont en matière d’analogies. Celles de Charles Milliard sont moins stretchées, mais quand même variées.
L’interculturalisme peut porter fruit:
« L'interculturalisme c'est un arbre. Les racines sont diverses, ce sont anglophones, francophones, Irlandaises, Premières Nations qui étaient ici bien avant nous. Le tronc c'est le français, c'est la majorité francophone. Mais à la différence de la CAQ, nous autres on a des branches. C'est la communauté anglophone, c'est les Premières Nations et les communautés culturelles. Puis savez-vous quoi, nous autres, on veut que les branches fassent des fruits et des feuilles. C'est ça la différence avec la CAQ. »
Des fois Charles Milliard reprend les analogies de Denis Coderre:
« Moi, ce que je vous offre, c'est un parti qui transpire le renouveau, qui garde intactes les fondations de notre maison, mais qui ajoute des portes, qui ajoute des fenêtres, qui secoue les tapis et qui surtout fait rentrer une belle grosse bouffée d'air frais. »
Et il faut une clé pour entrer dans la maison:
« Ce que je peux vous dire, c'est que si c'est moi qui gère la maison, ça va se passer à puis je vais regarder qui rentre. Pour moi, le Parti libéral du Québec, c'est un parti qui appartient à ses membres. Je veux le diriger. Pour moi, c'est un parti qui est une porte ouverte, mais je vais être sur le bord de la porte, puis je vais vérifier qui rentre. »
Tendre la main, ce n’est pas tendre les doigts:
« En tout respect, M. Plamondon n'est pas Honoré Mercier parce que, pour ça, il faut avoir vraiment une main tendue pour parler à tout le monde. Et je pense que M. Plamondon, dans la suite de son texte, où finalement il démolit la moitié des Québécois, fait la démonstration qu'il ne nous tend pas la main, mais qu'il nous tend seulement les doigts qui font son affaire. »
Il nous a parlé du permis de conduire de l’autobus du Non:
« Si d'aventure il y avait un autobus du camp du Non à conduire, la seule personne qui a un permis de conduire pour mener cette troupe-là à bon port de façon claire et fiable, c'est moi. »
La politique, c’est comme de l’alchimie, avec des épices:
« Vous savez, bâtir une équipe politique, c'est un peu comme une alchimie. Donc, ça prend des épices ici et là. Et moi, je vois le portrait global et je m'assure que si tous ces gens-là sont choisis par les Québécois, qu'on va avoir la meilleure équipe pour représenter ce qu'est le Québec vraiment. »
Il a plusieurs fois expliqué ce qu’était, ou ce que n’était pas la politique. D’abord, c’est pas de la danse sociale:
« Moi, je suis quelqu'un de bienveillant, je suis quelqu'un de posé, je suis quelqu'un de positif. Je sais très bien que la politique, c'est pas de la danse sociale. Alors, je ne suis pas un calinours non plus. »
Ce n’est pas non plus aller au spa:
« Écoutez, on ne fait pas de la politique pour se faire aimer de tout le monde, sinon je me serais parti un spa. »
En fait c’est du sport:
« C'est une course de longue haleine, mais disons que j'étais bien content du style de départ hier. J'étais très content de voir les 600 militants assemblés à Trois-Rivières, mais c'est un sport extrême. »
D’ailleurs, il trouve que Marwah Rizqy, c’est un peu Nathan McKinnon:
« - Je suis chef du Parti libéral du Québec, mais je suis chef de l'équipe. L'esprit d'équipe. La politique, c'est un sport d'équipe. Il y a des statistiques individuelles, mais c'est un sport d'équipe. On se souvient quelle équipe a gagné la Coupe, on ne se rappelle pas les statistiques de tout le monde. - Team Canada a besoin de McKinnon. Donc, Marwh Rizqy, je ne dis pas que c'est McKinnon, mais quand même un joueur d'impact. - Mais les valeurs qui sont transmises par Mme Rizqy, la probité, la transparence, l'honnêteté, moi, c'est des raisons pour lesquelles je viens en politique. »
Et une belle analogie de radio pour terminer:
« Les promesses de dernière minute de la CAQ, c'est trop tard. C'est un peu comme si la CAQ parlait aux Québécois sur la bande FM, sur la bande AM, et que nous, on était tous passés à la bande FM. »
J’espère que ça vous aide à mieux comprendre le chef du PLQ et la politique en général...
Ian et Frank
Cette semaine, Ian et Frank ont annoncé le départ de Ian du balado du même nom.

Je vous ai parlé quelques fois de ces influenceurs mal-pensants dans cette infolettre. Des gens qui ont embrassant pleinement le rage bait comme modèle d’affaires. Il semble que Ian Sénéchal soit tanné et annonce son départ de la vie publique. Je ne sais pas à quel point c’est fiable, mais bon, dans mes rêves les plus fous, je m'imagine qu’il s’est rendu compte qu'il nuisait au climat social et que de toujours être en tabarnak pour générer de l'engagement, c'était pas productif et dur pour la santé mentale. C’est sans doute naïf de ma part, mais j’ai le droit de rêver. Je lui souhaite la paix, en tout cas.
Malheureusement, contrairement à ce que pense Jeff Fillion, il y en a des centaines d’autres pour prendre sa place dans l’espace public.

Y’aura sans doute un reboot avec quelqu’un d’encore plus crinqué.
Musique
J’aime bien Chou! Mais attention, c’est pas délicat.
