Rire des plus faibles, la nouvelle subversion (genre)

Rire des plus faibles, la nouvelle subversion (genre)

Bienvenue sur Tourniquet, l’infolettre d’Olivier Niquet sur la bêtise médiatique et politicienne, l’urbanisme et l’humour risqué (en tout cas, pour cette fois-ci).

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J’ai une grosse semaine puisque je m’en vais au Saguenay pour participer à un colloque. J’animerai un bar des sciences sur l’étalement urbain et ses effets sur la santé et donnerai une conférence sur l’influence des médias sur la prise de décision en urbanisme. J’adore participer à ce genre d’événement parce que ce sont des sujets qui m’inspirent et parce que j’aime sortir de Montréal.

Retour sur le calendrier scout

Je vous parlais la semaine dernière des scouts qui avaient misé sur un « artiste » de l’intelligence artificielle pour illustrer leur calendrier plutôt que sur un illustrateur. On m’a dit que ça avait fait jaser pas mal dans les coulisses de l’illustration (si ça existe). Je ne suis qu’une courroie de transmission. Ça adonne que les avancées en l’IA m’intéressent. En tout cas, les scouts ont défait ce nœud (c’est une blague scoute) et changé leur fusil d’épaule.

Quiconque organise un concours artistique de nos jours devra avoir des balises précises et être vigilant, parce que ça risque d’arriver souvent.

Plogues

Les risques de l’humour

Sur QUB Radio la semaine dernière, entre deux discussions sur les hommes enceintes, Joseph Facal vantait les mérites du dernier spectacle d’humour de Dave Chappelle disponible sur Netflix. Il expliquait que Chappelle se moquait des personnes trans, et qu’il avait trouvé ça très drôle. Selon lui, ça ne sert à rien de se moquer des gens puissants et influents comme les politiciens ou les animateurs de QUB. C’est trop facile. Personnellement, je me poserais des questions si je réalisais que c’était trop facile de se moquer de moi. J’aurais l’impression que c’est parce que je suis risible. Mais bon, je fais peut-être trop d’introspection.

Le vrai risque serait donc de rire des minorités parce qu’elles sont offensées et montent aux barricades, contrairement aux politiciens qui sont habitués de se faire traiter de crapules ou aux animateurs habitués de se faire traiter de démagos. Vous risquez donc d’être « annulé ».

Il faut être dans le champ pas à peu près (ou démago?) pour en arriver à penser ça. Au contraire, les humoristes comme Chappelle ou Ricky Gervais qui s’attaquent aux wokes le font parce que c’est payant en titi. Dans son spectacle à Laval (je ne sais pas si c’est dans la version Netflix), Gervais disait qu’il s’en foutait d’avoir la communauté LGBTQ sur le dos, parce que ça avait été le cas de son show précédent et que ça avait été le plus populaire de Netflix. C’est le même principe pour Chappelle. Il ne fait pas ça parce que c’est subversif, mais parce que c’est payant.

Non, Chappelle n’était pas sincère lorsqu’il a chuchoté : “Je n’emmerde plus ces gens… Je ne dis rien sur les personnes trans. Peut-être trois ou quatre fois ce soir, mais c’est tout. J’en ai marre de parler d’eux.” En réalité, il ne peut pas s’empêcher d’en parler. La question demeure : pourquoi ? Il se peut que Chappelle utilise l’humour homophobe et transphobe parce que c’est rentable. Il a peut-être été “annulé” pour cela. Mais comme je l’ai dit maintes et maintes fois, les artistes établis sont, d’un point de vue commercial, indestructibles. Ce que Chappelle a peut-être appris, c’est que son public n’a pas diminué en raison de ses diverses annulations. Au contraire, son public a simplement changé et peut-être même augmenté. Alors pourquoi ne pas susciter la controverse ? C’est bon pour les affaires.

Au-delà de tout ça, j’ai ri en regardant le spectacle de Chappelle, comme pour celui de Gervais. Désolé, j’aime l’humour trash. Ça reste de l’humour. C’est exagéré et c’est voulu. Joseph Facal, lui, je ne suis pas sûr que ce soit pour rire.

Neurobiologie et genre

D’ailleurs, si vous comprenez l’anglais, je vous invite à visionner cette vidéo d’un professeur de neurobiologie qui explique une différence neurologique entre les hommes et les femmes. Je ne m’aventurerai pas dans les détails parce que j’ai coulé deux fois ma bio au cégep, mais en gros, il y a une distinction entre hommes et femmes dans le cerveau et on retrouve chez les personnes trans ce trait du cerveau qui fitte avec l’autre sexe. Je crois que « fitte » est accepté comme terme scientifique en passant.

Il faudrait faire voir ça un peu partout.

Combat culturel élargi

En ce moment, les idées réactionnaires sont légitimées. On l’a vu avec ce combattant UFC qui ne voyait pas de problème à tenir des propos transphobes et homophobes en public. C’est comme si c’était normal.

En France, de plus en plus de médias font de la place à ce que certains observateurs appellent l’extrême droite.

Depuis la campagne pour l’élection présidentielle de 2022, la place accordée aux faits divers, à l’immigration et aux porte-voix de l’extrême droite dans les médias français s’est accrue. Les théoriciens du « combat culturel » mené par les sphères identitaires s’en félicitent ouvertement, soulignant l’hospitalité qui leur est réservée en dehors de Vivendi, l’empire médiatique de Vincent Bolloré – CNews, C8, Europe 1, et désormais Paris Match et Le Journal du dimanche (JDD). Le Figaro et les plateaux de BFM-TV sont maintenant perçus, à l’extrême droite, comme des espaces « accueillants ».

Ce texte qui retrace le chemin d’un fait divers devenu débat national explique bien la situation.

Très hâte qu’ils aillent tous vivre dans leur safe space.

Retweets

Encore cette semaine, j’ai trouvé que la commentatrice de l’actualité Jacinthe-Eve Arel manquait de jugement dans ses retweets. Si tu es à Radio-Canada et Noovo régulièrement, il me semble que tu ne peux pas diffuser des contenus de médias qui font de la désinformation comme Rebel News ou d’influenceurs misogynes et homophobes comme le compte d’André Arthur…

MUSIQUE

J’ai acheté un billet pour aller voir Jeff Rosenstock à Montréal en mars. Ça risque d’être dansant.

CITATIONS

🗞️ Nathalie Elgrably, qui compare Leslyn Lewis à Galilée

Or, si les croyances farfelues peuvent quelquefois être problématiques, le conformisme de la pensée, c’est-à-dire cette tendance à accepter aveuglément et à défendre obstinément tout récit véhiculé par une quelconque «autorité», paralyse la société. D’ailleurs, sans les voix discordantes de Galilée et de Abraham Lincoln, pour ne citer qu’eux, nous croirions encore que la Terre est plate et que l’esclavage est acceptable. Une société a besoin d’esprits critiques, de sceptiques et de libres penseurs pour progresser. Les conformistes qui tentent de museler les esprits rebelles, voilà le poison mortel!

🔈 Marc Miller, qui a de la répartie (ou pas)

- Dans la plus belle circonscription au Canada, plus belle que la tienne, ça je suis sûr. Acadie-Bathurst, alors Marc…

- Peut-être plus belle, mais j’ai plus de Coupes Stanley.

🔈 Dominic Maurais, pas prêt

– J’ai pas de pomme pour toi, Éric. T’es-tu insulté?
– Non, ça me dérange pas.
– On les a toutes mangées avec le chum Pierre
– J’ai écouté ton entrevue, c’était très bien. D’ailleurs, ceux qui l’ont pas écoutée, allez t’y tester, parce qu’il y avait du contenu. C’était pas juste une entrevue random.
– C’est une des rares entrevues où Poilievre, en français au Québec, explique ses politiques.
– J’étais pas prêt! T’sais, des entrevues que je me prépare, comme Drainville, quand je l’ai clanché, là.

🔈 Gilles Proulx, qui parle de quand Serge Laprade était son boss

J’y avais joué un tour, il était dans les secrets de l’articulation de nouvelles programmations et il n’y avait pas moyen de savoir, c’était un secret atomique. Voilà que je tombe dans les bras de sa belle petite secrétaire. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui, je sais que c’est une belle fille. Et avec elle, j’avais connu toutes les orientations, et là, Serge était surpris.

🔈 François Lambert, qui songe à se présenter à la mairie de Montréal

Sincèrement, on ne peut pas la laisser là et c’est pour ça que ça me tente de me lancer à la mairie. Je ne peux pas toujours chialer. Si je suis en affaire aujourd’hui, c’est parce qu’à un moment donné, tu chiales et tu dis « maintenant, je vais le faire ». Je ne sais pas, j’hésite, je suis heureux dans ce que je fais. À un moment donné, il faut que quelqu’un se lève et la tasse. Est-ce que je suis la personne qui pourrait être élue? Je doute. Probablement que je serais jamais élu.

🔈 Éric Duhaime, à propos de la douche avec ses parents

– Le regrettes-tu d’avoir dit que tu prenais ta douche avec tes parents?
– Non. Non, parce que c’est vrai. Je veux dire, je n’ai pas… Regarde, je suis comme je suis. Je veux dire, si vous n’aimez pas ça, allez ailleurs. Je veux dire, moi, je ne changerai pas et je ne travestirai pas ma réalité pour faire plaisir politiquement au monde. Tsé, tu es dans un camping, ton père t’amène. C’est comme les gars qui nous écoutent, qui prennent leur douche ensemble après un match de hockey.

🔈 Pierre Fitzgibbon, à propos de Northvolt

C’est la réalité, et si la population ne veut pas du projet, on n’aurait pas de projet. C’est pas grave. […] Moi, la raison pour laquelle je suis dans la politique, c’est pour créer des projets, créer de la richesse collective. Je pense que c’est un projet qui est unique pour le Québec. Mais bon, peut-être que je suis le seul qui pense comme ça.

🔈 Joanne Marcotte, à propos des médias traditionnels

Ils possèdent une certaine propriété des ondes, de la pensée, je dirais, ils ont abandonné leur rôle d’offrir des contrepoids. Moi j’appelle ça, tsé quand t’es à l’aéroport, tu as des tours de contrôle, moi j’appelle ça des tours de contrôle de la circulation des idées. Et y’en a de plus en plus.
– C’est bon, c’est bon.
– C’est bon, ça, hein? C’est moi qui ai créé cette l’expression-là.

🔈 Alain Rayes, à propos de Denis Coderre

Denis Coderre m’a appelé personnellement pour me faire part de son intérêt à se lancer dans la course et je lui ai dit que je n’avais aucune intention de l’appuyer.