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Je suis en vacances! Bon, ce n’est pas tout à fait le temps des fêtes que j’espérais. Même si je supporte plutôt bien d’être seul (surtout que ma famille est très divertissante) et si je suis plutôt bon pour relativiser les statistiques épidémiologiques, je rêvais à un temps des fêtes plus festif. Ça ne m’empêche pas, comme tout le monde (ou pas), de rafraîchir frénétiquement mon fil Twitter pour connaître les dernières rumeurs en matière de mesures sanitaires, même si d’avoir l’information d’avance ne changera rien à ma vie.
Ultracrépidariens
Il reste que les politiciens qui misent sur une base d’antivax se pètent les bretelles en ce moment, et ce, même si les gens qui ne sont pas vaccinés sont 15 fois plus hospitalisés que les autres. D’ailleurs, je me demande si les gens non vaccinés se donnent la peine d’aller se faire tester, et sinon, est-ce que ça fausse les données sur l’efficacité du vaccin? Impossible de le savoir.
Éric Duhaime est un peu plus subtil dans son dog whistling, (paraît que ça s’appelle dilogie, en français). Il donne plutôt dans la rhétorique du miroir en disant que le gouvernement divise. Mais Maxime Bernier a sorti les majuscules.

Les « fascistes covidiens », rien de moins. Maxime Bernier s’est même attaqué à Mario Dumont mardi.

Le jeu de Bernier est d’y aller all-in avec la recette de Donald Trump avec les médias, mais je me demande à quel point antagoniser Mario Dumont l’aidera à aller chercher le pourcentage des admirateurs de l’ADQ qui sont peut-être sympathique au PPC. Il me semble que le créneau qu’il vise doit commencer à être mince.
Le plus décourageant reste de lire les ultracrépidariens, d’un côté comme de l’autre. Les épidémiologistes de sous-sol. J’ai décidé d’adopter le terme ultracrépidarien. Je vais essayer de le ploguer dans mon souper de Noël qui n’aura probablement pas lieu.
« Les ultracrépidariens, loin d’être en voie d’extinction, sont de plus en plus nombreux chaque jour. Ce sont ces personnes qui donnent leur avis sur tout, mais sans avoir de connaissances ou de compétences sur les sujets évoqués. Elles ne se taisent jamais, nous corrigent, nous suggèrent des tonnes de choses, veulent sauver le monde et sous-estiment les véritables experts dans un domaine. »
N’empêche qu’aux États-Unis, Joe Biden a déclaré qu’il était sécuritaire de fêter Noël. L’analyste politique Rafael Jacob a eu une réflexion sur les choix effectués dans la gestion de la crise, sur Twitter. C’était la mitigation ou la suppression: « L’approche de « suppression » était sans précédent dans les démocraties comme les É-U: avec la prémisse que les systèmes hospitaliers s’écrouleraient si le virus circulait, il fallait le « supprimer » en fermant la société de façon intermittente jusqu’à l’arrivée d’un vaccin. » Je ne suis pas assez calé pour juger (je suis anti-ultracrépidarien), mais vous pouvez lire l’enfilade ici:

Fox News
Pour rester aux États-Unis, j’ai écouté un épisode éclairant de l’émission On the media de NPR où il était question de Fox News. Je ne le savais pas, mais Fox News ne fait presque pas d’argent avec la publicité. Et c’est voulu. Considérant les propos mensongers, outranciers et diffamatoires qu’on peut y entendre, de nombreux annonceurs ont quitté le navire au cours des dernières années. Devant cette perspective, Fox News avait négocié avec les fournisseurs de câbles des redevances très élevées. Ils les ont forcés à payer plus que les autres canaux. C’est donc dire que tous les Américains abonnés au câble paient pour la propagande de Fox News, qui tire 90% de ses profits des abonnements. Dans leur cas, ce n’est même plus possible de faire de la pression sur les annonceurs.
Obsidian
Comme je disais, je suis en vacances. Chaque fois que je tombe en vacances, je commence à « travailler » sur tous les petits projets auxquels je pense pendant la saison de radio et que je n’ai pas le temps de mettre en place. Rénovation de sites Web, infolettres, classement. Y’a des limites à regarder des séries, lire des livres ou faire de la tourtière pour s’occuper.
Cette semaine j’ai essayé pour la troisième fois l’application Obsidian. Je crois que cette fois-ci sera la bonne. On dit qu’Obsidian est un deuxième cerveau. Il offre une façon d’organiser l’information qui s’apparente à un wiki ainsi qu’une façon de visualiser les particules d’information à travers les liens qui les unissent.
Et comme ça fonctionne avec des fichiers textes, c’est facilement exportable. Je suis en train de constituer ce deuxième cerveau. Quand j’aurai terminé, je pourrai utiliser mon premier cerveau pour faire mon Lego de Discovery.
Je vous souhaite un joyeux Noël malgré tout!
S’il vous reste du temps...
Billet idéologique: les avertissements avant les films.
Version texte: AVERTISSEMENT: nous sommes des cons du futur
Mon bêtisier sur les gens qui ont parlé de La soirée est (encore) jeune dans les médias.
L’infolettre des citations de la semaine.
Quand les réglages par défaut nuisent aux particularités régionales
Une intelligence artificielle estime qu’on ne devrait peut-être pas faire appel à elle
Les fascistes covidiens, les ultracrépidariens et Obsidian
Je pensais être seul au monde à utiliser Obsidian. Très utile pour cartographier son concept de "réseau neurologique de connaissance''. Demande beaucoup de temps et de relecture des notes pour construire ce réseau de connaissance. Le marquage en # aide beaucoup à ne pas perdre des notes dans le tas.
Avec mon cerveau plus ou moins organisé, j'arrive à recroiser les notes entre les éléments "techniques" du bac en urbanisme comme [[typologie des groupes de population]] et les notes plus "philosophales" de la m. en études urbaines comme [[approches épistémologies]].
Personnellement, je me suis payé l'abonnement de ce jeune opensource qui me permet d'uploader les notes de mon journal de bord à partir de mon cellulaire sans avoir à utiliser un programme qui encode.
J'ai trouvé très intéressante la publication de Rafael Jacob et je trouve sa lecture de la situation assez juste, pour la majeure partie. J'ai aussi l'impression que la polarisation du débat repose beaucoup sur la fausse dichotomie qui a parfois été véhiculée que soit on "supprime" le virus, soit les conséquences seront apocalyptiques. Par le fait même, à chaque fois qu'il faut réajuster les mesures, cela creuse un peu plus la division. Un camp dira que ça prouve que les mesures sont inefficaces et l'autre dira que c'est uniquement de la faute des anti-vax / anti-mesures que la situation perdure. La réalité c'est qu'historiquement les périodes pandémiques durent de deux à trois ans. Les mesures servent à mitiger les conséquences d'ici à ce que le virus devienne endémique. Le point sur lequel j'accroche dans le discours de M. Jacob, c'est que la situation doit nécessairement se finir par un genre de "désaveux", de constat d'échec et de revirement des décisions. Il est fort probable, comme bien des choses en science, que le passage de la phase pandémique à endémique ne soit pas tranchée au couteau et qu'il faudra établir des critères. Je pense qu'il sera important de décider de ces critères à l'avance et de les respecter de sorte à éviter de créer plus de division, justement.
Tout ça n’est que ma lecture de la situation, je ne suis pas un expert moi avec. Je me contenterai alors de publier ça ici (quoi qu’à en voir les commentaires sur Twitter, je suis pas si pire que ça).