L'eierlegende wollmilchsau, la politique comme une entreprise et la boisson québécoise qui attire les ours

L'eierlegende wollmilchsau, la politique comme une entreprise et la boisson québécoise qui attire les ours
Photo by anthony renovato on Unsplash

Je suis (j’étais si vous me lisez après 14h dimanche) à Sherbrooke en fin de semaine pour le Salon du livre de l’Estrie. Les couleurs sont belles et les gens sont fins. Toujours le fun de rencontrer les gens pour parler d’introversion. C’est juste que je me couche à 19h le soir.

🥅 Crimes et pénalités

Il y a deux semaines, j’ai joué au hockey dans ma «ligne» de garage contre David-Alexandre Beauregard. Si vous ne vous souvenez pas de M. Beauregard, il avait fait parler de lui en 1994 après avoir perdu un oeil dans un match de la LHJMQ, avec les défunts Lasers de St-Hyacinthe. Il avait été repêché par les Sharks de San Jose, mais cet accident (je dis accident, mais je ne comprends toujours pas comment on peut jouer au hockey avec pas de visière complète) allait mettre fin à ses rêves de jouer dans la LNH.

Tout ça pour dire que j’ai joué contre lui et qu’il a toujours, même à 48 ans, le compas dans l’oeil. Disons qu’il ne fallait pas trop le laisser seul longtemps. Bon avec et sans la rondelle. Surtout, j’ai appris par la suite qu’il avait participé au documentaire de Netflix «Untold: Crimes & Penalties» qui raconte l’histoire d’un propriétaire de compagnie de camions de vidanges lié au crime organisé qui achète une équipe de hockey semi-professionnelle à son fils, un douchebag de 17 ans. Ledit fils décide de se monter un club de matamores, mais aussi d’engager le frère de Wayne Gretzky, Brent, ainsi que David-Alexandre Beauregard. C’est violent et fascinant à la fois. Le concept de se battre sur la glace ne me revient toujours pas. Je ne sais pas pourquoi on inclut toujours les batailles de Arber Xhekaj dans les comptes rendus de matchs d’ailleurs. Ça m’a fait du bien d’en parler.

🐖 Eierlegende Wollmilchsau

J’ai appris un nouveau mot cette semaine: Eierlegende Wollmilchsau.

Imaginez ceci : un cochon, couvert d'une fourrure duveteuse, qui pond des œufs et donne du lait. L'image que vous avez en tête en ce moment est le mot de la semaine, le Eierlegende Wollmilchsau, qui pourrait se traduire à peu près par "truie-laineuse-allaitante en train de pondre". Bien que cette petite créature puisse sembler un peu bizarre, c'est le rêve mouillé de tout agriculteur : l'animal de ferme parfait, réunissant les qualités des poules (pondant des œufs), des moutons (produisant de la laine), des vaches (donnant du lait) et cochons (peut être transformé en bacon). Le Eierlegende Wollmilchsau produit tous les besoins quotidiens et est savoureux en plus, c'est un animal qui n'a que de bons côtés. Il va sans dire que cette créature n'existe pas.

Certains utilisent ce mot pour évoquer un outil technologique, une application, qui répondrait à tous vos besoins. La fameuse « everything app » de Elon Musk.

J’espère que ça n’arrivera jamais. On ne veut pas laisser entre les mains d’une seule personne toutes nos données (surtout si cette personne est Elon Musk). Ça reste un nouveau mot que j’ai hâte d’utiliser dans un cocktail dînatoire.

🐕 Alec

Parlant de mots complexes, j’ai bien ri en lisant ce tweet de Claude Fournier, réalisateur entre autres du film Deux femmes en or:

Dénoncer quelqu’un qui dit mal un prénom en disant mal son prénom. Ça ne s’invente pas.

👣 Danger, piétons!

Un petit mot sur la ville de Trois-Rivières qui a fait cette vidéo pour les piétons.

Je suis peut-être biaisé en tant que porte-parole de Piétons Québec, mais est-ce qu’on est vraiment rendus à devoir s’habiller de façon voyante (et si possible belle à croquer) pour aller prendre une marche? Ça me semble être un indice que nos villes ne sont pas très bien adaptées pour les piétons. Me semble. Tsé.

❌ Faux comptes

Le recomptage demandé par le PCQ en Beauce a été refusé parce que le responsable du parti avait fait les choses tout croche. Oups. Par contre, ce qui m’a fait rire au sujet de ce parti cette semaine, c’est cette histoire de candidate qui semble avoir un faux compte.

Je suis pas mal sûr que c’est une pratique généralisée dans l’entourage de ce parti (peut-être des autres aussi), si je me fie aux tweets que je reçois de leurs sympathisants. C’est pour ça qu’il ne faut pas prendre pour du cash les réactions sur les réseaux sociaux. On veut nous donner l’impression qu’il y a un mouvement, mais c’est peut-être la même personne qui a dix comptes…

🇫🇷 Entrepreneurs politiques

Enfin, ça me fait penser à cet article sur Éric Zemmour, « l’entrepreneur politique ». Je ne compare pas Éric Duhaime à Éric Zemmour pour ce qui est de l’idéologie, mais il y a des parallèles stratégiques à faire sur « l’entreprise » politique créée autour d’un seul homme.

La campagne numérique d’Éric Zemmour qui suit, au début de l’été 2021, a tout d’abord bénéficié du savoir-faire de quelques individus, bons connaisseurs du numérique et des techniques nécessaires pour valoriser les actions sur les supports les plus pertinents (Twitter, mais aussi Facebook, YouTube ou Wikipédia afin d’élargir l’audience à des publics moins politisés). Pour un faible coût, mais avec la disponibilité sans faille d’un petit noyau d’activistes numériques, et l’aide des compétences multiples des militants, EZ atteint, en peu de temps, une visibilité numérique dépassant le niveau des grands candidats… ce qui attire l’attention en retour de la presse traditionnelle. Des petites mains (pour la veille, les tâches routinières, et faire nombre, lors d’opération concertées de riposte ou de mise en visibilité) aux aspects plus stratégiques, l’expertise et l’autonomie de ces équipes a assuré le succès numérique de cette campagne mesurable en visibilité (le buzz) et au nombre de polémiques suscitées.

Un modèle que suivront peut-être d’autres, parce que toujours selon l’article « l’entreprise Zemmour offre un modèle de campagne complexe et novateur articulant, d’une part, une multitude de leviers médiatiques (des médias institutionnels et des sondages aux supports numériques, en passant par la production éditoriale) et, d’autre part, en mettant en valeur le leader sous la figure nouvelle du tribun et débatteur en campagne ».

Espérons juste que ça n’inspirera pas aussi Richard Martineau.

🧸 Attirer les ours

Finissons avec un lien entre la France et le Québec tient. Cette boisson qui attire les ours vue dans un supermarché français:

Sacrebleu!

⏰ S’il vous reste du temps…

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