Aujourd'hui, je vous parle des idées importées d'ailleurs que nos influenceurs distillent chez nous, et de nouveaux députés qui commencent mal leurs règnes.

Je n'ai pas publié beaucoup d'infolettres dernièrement, sauf pour les deux éditions réservées aux abonnés payants (celle où je vous partageais mes émotions suite aux résultats des élections et celle où je racontais que des adeptes de complots voulaient perturber ma conférence), et c'est parce que je suis pas pire occupé par les temps qui courent avec ce nouveau projet d'émission d'histoire.

L’histoire (est encore jeune) | OHdio | Radio-Canada
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Ça commence dès aujourd'hui, sur Ohdio. J'espère que ça va vous plaire, parce que c'est très plaisant à faire!

Les plagieurs

Ça m'arrive souvent de penser que nos médias et nos influenceurs sont en fait des traducteurs de ce qui se dit aux États-Unis et en France. J'y ai repensé cette semaine en tombant sur cette nouvelle d'homme-sandwich antiavortement à Sherbrooke.

Ces militants antiavortement s’inspirent d’un mouvement similaire qui porte le nom de « 40 Days for Life ». Ce dernier a été créé dans l’État du Texas, aux États-Unis, en 2004. Leur objectif est avant tout de « mettre fin à l’avortement à l’échelle locale par la prière et le jeûne ».

On n'est même plus capable de faire des hommes-sandwich avec des recettes de chez nous. Le beau jambon au milieu du sandwich est financé par Campagne Québec-vie pour faire ce genre de pub qu'on voit habituellement aux États-Unis. On n'invente pas grand-chose en matière d'être réactionnaire.

Mais c'est surtout cette vidéo tirée de l'émission Quotidien en France qui m'a donné envie de parler de ça.

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« Il faut le dire, c'est vraiment quelque chose de commun à toute l'extrême gauche. Ils sont affreux. Je suis désolée, mais c'est pas des lycéens.

En gros, on nous raconte que les commentateurs de l'actualité française expliquent que les manifestants de gauche font dur. Ils sont crados, du coup. Ça me rappelle un peu l'époque des carrés rouges quand les animateurs qualifiaient nos étudiants manifestants de « sauteux de douches ».

J'entend régulièrement ici des influenceurs nous expliquer que la beauté est de droite.

En janvier 2024, Jérôme Blanchet-Gravel, à Radio X nous parle d'une société post-héroïque qui veut éradiquer la beauté: « être beau, c’est presque devenu de droite [...] Cette dévalorisation de la beauté, si je peux dire, s’inscrit dans une sorte d’égalitarisme radical, où il faut absolument éradiquer ceux qui se démarquent sur le plan corporel.» Tout ça en passant suite à une nouvelle nous apprenant que les leggings se vendent moins qu'avant.

Jean-François Caron, le prof exilé (maintenant en Arménie) nous dit en septembre 2025 que « Le mouvement woke a été en mesure de réaliser quelque chose d’assez formidable, ça a été de renverser les valeurs en élevant au summum de la beauté tout ce qui était jadis considéré comme étant laid. Donc les obèses morbides, les femmes à barbe, etc. Tout ça, ça fait en sorte qu’inévitablement, la beauté puis les corps qui sont moindrement affûtés, ça devient des caractéristiques de la droite. »

Difficile de dire si nos champions s'abreuvent en France ou aux États-Unis parce que là-bas aussi, on tient le même discours. Katie Miller, podcasteuse et épouse de Stephen Miller, l’un des plus influents conseillers du président américain, s'est déjà moquée ouvertement du physique ingrat et du look négligé des femmes de gauche. Les femmes conservatrices sont objectivement plus attirantes que les femmes progressistes, selon elle. C'est ce qu'elle avait dit sur X.

Dans la clip de Quotidien, on entend parler de femmes aux cheveux mauves. Jeff Fillion en parle souvent, des femmes gauchistes aux cheveux mauves. Jean-Christophe Ouellet de Radio X a le même penchant. En novembre 2024, il évoquait « une fille avec des cheveux mauves qui crie pis qui trouve que les hommes, c’est des caves » comme caricature de la femme de gauche. Pareil pour son collègue Dan Gravel: « la madame avec les cheveux mauves et 3000 boucles d’oreilles dans le nez ». Même chose pour Mathieu Bock-Côté en mars 2025 qui parle de la gauche radicale aux cheveux bleus.

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En matière d'idée, on fait très peu dans l'achat local. On importe des idées d'ailleurs par conteneurs.

C'est une autre preuve que nos influenceurs sont tout simplement des Elvis Gratton. Des imitateurs des États-Unis. Et de la France. Il faudrait faire un film sur les Elvis Gratton qui trippent sur la France. Peut-être des genre d'Elvis Gratin Dauphinois, ou je sais pas. Parce que les Français, ils vont vraiment des trucs de ouf.

Plogues

Les zapping continuent chaque semaine. Voici la dernière mouture.

Juste à côté de la réalité.

Les débuts des nouveaux députés conservateurs ne m’impressionnent pas trop trop. J’étais inquiet en fin de campagne qu’ils allaient juste dire de la boulechite quand j’ai vu le candidat Tarek Henoud expliquer qu’il portait une casquette pro-Trump à Washington parce que c’était son rêve d’assister à une investiture présidentielle.

Il a dit au site MonVicto que c’était en 2022:

« Tarek Henoud a d’abord précisé que la photo avait été prise en 2022, alors qu’il se trouvait aux États-Unis pour assister à l’assermentation du président américain et qu’il était également candidat aux élections provinciales. Il admet que la casquette qu’il arborait sur la photo était un geste « un peu maladroit ». Voyageant beaucoup aux États-Unis où il a de la famille, Tarek Henoud ne cache pas, non plus, qu’il s’agissait « d’un rêve de petit garçon », d’un jour, pouvoir assister à l’assermentation d’un président américain « peu importe qui c’était », a-t-il précisé. »

C'est spécial parce qu'il n'y a pas eu d'assermentation de Trump en 2022. Il y a eu Biden en 2021 et Trump en 2025. Dans le fond, son rêve d'enfant était d'assister à une assermentation, peu importe laquelle, même si elle est imaginaire. Soit il était à l'assermentation de Biden avec une calotte pro-Trump, soit son admiration de Trump est plus fraîche qu'il ne le dit.

Mais quand j’ai vu cette publication de Doom Dumas, j’ai bien su que les promesses de professionnalisation du parti, c’était n’importe quoi.

Il a toujours les mêmes techniques qu'avant: des captures écrans sans liens pour lire les articles. Il nous offre son interprétation et on fait avec. On lui souligne qu'il a mal lu, qu'il a fait une erreur?

Il évoque la malhonnêteté des médias et ne corrige pas l'info pour son public.

Le comble a été ce moment où il a fait la morale sur le climat toxique à Québec.

Le gars a effacé 14 000 tweets dont certains très agressifs, et donne des leçons d'apaisement. Incroyable. Ça risque d'être ça sans arrêt: confusion et faux-semblants.

J'ai encore un peu de misère à avaler que les citoyens ont fait fi du passé de ces candidats. Ça me fait penser au texte d'Yves Boisvert qui est allé rencontrer des citoyens états-uniens: « La question se pose tout de même. Comment donc le Parti républicain, naguère sérieux, en est-il arrivé à sélectionner des candidats aussi farfelus pour des postes aussi importants ? »

Comme ici, ce sont des gens bien ordinaires et sympathiques qui font ces choix incroyables:

Autour de nous, que des gens très aimables de cette banlieue propre. De bons voisins serviables. Des jeunes hommes qui vous disent « monsieur ». Des dames qui vous offrent de leur gâteau, allez, encore un peu. Des hommes avec ces chemises à carreaux « de campagne », mais toujours bien repassées, même le samedi. *Nice to meet you*, toujours. Ces gens très bien sous tous rapports voteront pour cet imposteur. Pourvu qu’il porte Dieu en bandoulière et un *gun* dans ses culottes.

C'est ça qui est fascinant avec les Américains. Des gens super fins, super sympathiques. Et des fois, qui font des choix super épeurants.

Une autre affaire que nous sommes en train de copier...

Musique

Mon plus jeune m'a fait découvrir cette nouvelle toune de P'tit Belliveau. C'est fine!