Parce que des fois, ça fait du bien de faire dans le plus léger, j’ai décidé aujourd’hui de vous présenter le palmarès que tout le monde attendait: les 9 meilleures analogies politiques de nouilles.
Les abonnés premium pourront lire un texte sur les 6 mensonges qu’a fait le prof Jean-François Caron à mon sujet en 6 minutes.
Des analogies al dente
J’ai été inspiré au départ par la façon dont Christine Fréchette prononçait le mot spaghetti.
Je me suis donc souvenu que j’avais accumulé quelques histoires de nouilles dans mes archives, au fil des ans.
D’abord, l’adversaire de Mme Fréchette dans la course à la chefferie de la CAQ, Bernard Drainville était au balado de Olivier Primeau où il a évoqué l’État lasagne.
« L'état est lourd. Il est lourd, il n'est pas agile. (…) C’est l'état lasagne. On a accumulé des couches, des couches par-dessus les couches, par-dessus les couches. Ça fait 60 ans qu'on marche de même. On peut-tu trouver d'autres façons de marcher autrement? »
Il a d’ailleurs utilisé ce terme sur d’autres tribunes par la suite. J’aime quand même l’idée. Pas juste parce que j’ai la réputation d’aimer la lasagne. Aussi parce que les couches de bureaucratie, ça me décourage. En fait, j’aurais choisi quelque chose de moins délicieux que la lasagne pour illustrer ça. Mais ça, c’est moi.
Du côté de Jean-François Lisée, il avait parlé il y a quelques années de l’approche de Paul St-Pierre Plamondon qui voulait profiter des déboires de la CAQ pour parler d’indépendance aux gens qui songent à voter pour lui. Dans le fond, disait-il, c’est comme quand tu vas manger à la Maison du spaghetti, mais que t’es pas prêt encore à manger du spaghetti.
« Maintenant que t’es dans l’environnement de la Maison du spaghetti, toi t’aimes pas ça mais les gens autour de toi en mangent, y’ont l’air à aimer ça, alors peut-être que petit à petit, on va finir par en manger »
Quelques semaines plus tard, il avait renchéri:
« Comme l'a dit Plamondon ce matin, ben là, j'ai leur écoute. Ils étaient dans la maison de la pizza de Legault, maintenant ils sont dans la maison du spaghetti, mais ils veulent pas commander de spaghetti. OK, c'est correct, on va leur servir autre chose jusqu'à l'élection, mais on va essayer de leur chanter les vertus du spaghetti. »
Chanter les vertus du spaghetti. En italien, j’espère.
Justement, Mario Dumont, qui a multiplié les analogies de sauces à spaghetti dans les dernières années, a parlé de sauce souverainiste récemment.
Voici comment il évaluait les effets de la « menace souverainiste » sur l’économie:
« Mais aux gens qui me demandaient exactement, t'sais, qu'est-ce qui a causé quoi là, t'sais, est-ce que c'est .05? Moi, ma lecture de ça, c'est qu'il y a un ensemble de facteurs qui affectent la cote, là. C'est un peu comme quand tu passes ta sauce à spaghetti dans le blender, c'est dur de retrouver le céleri après, t'sais. »
Donc, on sait pas trop qu’est-ce qui nuit à l’économie, parce que tout est mélangé. Je conteste quand même l’idée de passer sa sauce à spag au blender.
Il avait aussi expliqué qu’Éric Duhaime rebrassait la sauce lorsqu’il évoquait cette histoire que Pascal Bérubé avait pris un verre de vin avec François Legault pendant le confinement.
« Eric Duhaime, il rebrasse la sauce à spaghettis. Il rebrasse la sauce à spaghettis, puis il décolle le brûlé dans le fond, là. »
Ce qui m’amène à cette fois où il avait justement expliqué en long et en large le concept de brasser la sauce qui est collée dans le fond du chaudron. C’était en 2020 alors qu’il parlait de Jean Charest qui se désistait de la course à la chefferie des conservateurs.
« - J’va te donner ma métaphore, mon image du matin. Tsé le principe de quand tu fais une sauce à spaghetti, pis ça colle dans le fond du chaudron? Y’a un principe: c’est brasse pu trop.
- Parce que ça va remonter.
- Ça c’est pareil, t’as déjà fait de la sauce à spaghetti?
- Oui.
- Tsé des fois ça colle au fond? Quand ça colle au fond, est pas scrappe ta sauce.
- Non, mais faut pas tu grattes le fond.
- Ça un drôle de goût quand ça a brulé dans le fond.
- Faut juste pas que tu décolles le brûlé tu comprends, faut pas que tu, tu laveras ton chaudron plus tard. Brasse pas trop
- Tu veux pas les rognures à la surface.
- Brasse pas trop!
- Ok je comprends.
- Doux doux doux doux doux doux doux, brasse pas trop. Là il s’est rendu compte lui qu’il était un peu là-dedans. Brasse pas trop. Lui ça allait pas si pire son affaire, avant qu’il se présente pour les conservateurs. Mais là, woah woah
- Y’aurait gâché la sauce!
- Là ça brasse, là tu décolles le fond, pis tu décolles le brûlé.
- J’comprends.
- Parce que là en brassant, y’a du brûlé. Y’a gratté le fond pis y’a du brûlé qui s’est remêlé dans sauce pis qui est revenu à la surface. Ça goûtait moins bon.
- Ton image est très claire. »
Claire en maudit, oui.
Parlant de sauce claire, en bonus, ça m’a rappelé la fois où il avait expliqué à Paul Arcand avoir mangé du spaghetti usagé au Peel Pub:
« - J’ai fait mon université au Peel Pub et regarde comment j’ai bien réussi.
- Mon Dieu, c’est un bel exemple.
- Avec le spaghetti épicé à 2,95$?
- Paul, je vais te faire une confidence. Le soir où le samedi matin La Presse avait mis à la Une que le spaghetti était lavé pour être resservi? Tu te souviens de cette une là? Le soir j’en ai remangé. C’était écrit dans le journal, ils le lavent. Pas de problème. »
Ça donne faim.
Évidemment, le secret est dans la sauce. Mais Jonathan Trudeau lui n’a pas l’impression que c’est une bonne analogie. Il parlait de la CAQ qui avait reculé sur les paramètres de l’aide médicale à mourir.
« Gouverner, c’est pas faire une sauce à spaghetti là. Tu mets pas un petit peu de sel, tu y goûtes, c’tu correct, non, je vais mettre un petit peu de poivre, mettre un petit peu de poivre de cayenne. »
Faudrait le dire aux autres personnes citées dans ce palmarès.
Quant aux nouilles, il y en a plusieurs variétés. L’an passé, Gilles Proulx a décrit le premier ministre François Legault ainsi:
« Et quand j'entends Legault, tout à l'heure, cette espèce de premier ministre nouille, une nouille à trois étages. »
On revient tranquillement à la lasagne, j’imagine.
Enfin, pour une analyse plus poussée de la politique à l’aide de nouilles, on peut compter sur Éric Duhaime.
« Moi, j'ai l'impression que le Parti libéral, le Parti québécois, puis la CAQ, c'est les spaghettis, les linguinis, puis les spaghetti. Mais c'est la sauce qui n'est pas mangeable, quand même que vous changeriez toutes les nouilles que vous voulez, si la sauce n'est pas mangeable, le plat ne sera pas bon. Et il ne faut pas juste changer la nouille, il faut changer le plat, puis il faut changer la recette. »
Voilà. Tout est dit. Ne manquez pas le prochain épisode où je vous expliquerai la péréquation avec des analogies de pâté chinois. Ou pas.
Plogues
- 🎥 L'État lasagne, le buffet conservateur et l'Ozempic référendaire
- 🎥 Policier téteur de botte: attiré par le goût du sel?
- 🎥 Réactions au passage de Angine de Poitrine à TLMEP
- 🎥 Verglas: pour ou contre les essuie-glaces levés?
Musique
Frais dispo, c’est sympa: